Bilan et autres pensées
Le 5 janvier 2006
Petites réflexions personnelles, qui n’ont rien à voir, les unes avec les autres!
6 mois
Cela fait six mois aujourd’hui que nous sommes partis. Nous avons, en théorie, fait plus du quart du voyage. Le bilan est assez positif.
Financièrement, il y a un manque; vous le savez. Mais, ce n’est pas si important. Le trajet est modifié, mais le voyage continue.
Émotivement, ça va. Nous avons appris à vivre ensemble dans un espace restreint. Le couple est solide, de plus en plus solidaire et amoureux.
Les relations familiales sont relativement acceptables. Ce voyage demande beaucoup à Nicolas, qui doit se passer de ses amis et qui doit vivre collé sur ses parents (un peu trop). C’est aussi difficile pour les parents, car il n’y a pas de répit. La promiscuité et le manque d’intimité sont parfois pesants, mais on peut toujours aller se promener! On n’est pas sur bateau!
Dans l’ensemble, nous arrivons à vivre les uns avec les autres en relative harmonie.
Notre rythme de vie a changé. Nous avons beaucoup ralenti. Nous dormons plus longtemps, nous bougeons plus lentement. Nous prenons davantage le temps d’observer ce qui se passe autour de nous (nature, paysages, etc.). Fini le stress d’un horaire chargé. Ce que nous ne faisons pas aujourd’hui, nous le ferons peut-être demain, ou peut-être pas! Parfois, le simple plaisir d’être là, sur cette plage, ou dans cette ville est suffisant à notre bonheur! Et on en profite au maximum.
Année 2006
Une nouvelle année commence. C’est le temps des bilans et des projections. Je n’ai jamais été très douée pour les résolutions… Le plus dur, ce n’est pas de les prendre… C’est de les tenir! Donc, il n’y en aura pas!
Cette année sera pour nous une année exceptionnelle; du moins, nous le souhaitons! Une année complète de voyage… C’est terrifiant et en même temps, ça fait rêver!
J’envisage l’avenir avec optimisme. La venue de mes parents, en juillet, me fait très plaisir. Je garde espoir que d’autres membres de notre famille ou des amis puissent faire un bout de route avec nous.
Un peu plus terre-à-terre : les joies du camping!
Les insectes
J’aime les insectes, surtout ceux à l’insectarium de Montréal, quand ils sont épinglés dans de grands cadres sous verre avec leur nom en latin écrit juste en dessous! Non, je suis capable d’apprécier la beauté des papillons, la délicatesse des libellules ou même le travail délicat et laborieux des araignées dans les arbres. Les insectes que j’aime moins sont ceux qui envahissent mon espace personnel, ceux qui piquent et ceux qui me surprennent dans des endroits inattendus.
Quoi de plus dérangeant qu’une colonie de fourmis qui s’installe chez vous à votre insu! Nous essayons de nous en débarrasser depuis plusieurs jours maintenant, mais le Tortillard est rempli de cachettes, bien plus accessibles aux fourmis, qu’aux humains! Nous avons compris qu’elles sont entrées en suivant le fil électrique qui relie le Tortillard au courant du camping. La porte d’entrée toute désignée pour notre garde-manger! Nettoyage et rangement au programme.
Les insectes piqueurs sont parfois tout aussi envahissants. Dans le parc de Key Largo, nous étions obligés de garder la porte et les fenêtres fermées, car une espèce spéciale de mouches, tellement petites qu’ils appellent des « no see them » (tu ne les vois pas), passe au travers des moustiquaires et est particulièrement vorace! Les moustiques sont parfois tout aussi dérangeants, alors on reste à l’intérieur! Au moins, eux, on peut les voir et ils restent dehors!
Les insectes et autres bestioles qui te surprennent dans des endroits où tu ne les attends pas : une petite grenouille verte qui me regarde prendre ma douche, confortablement installée sur la porte, ou cette sorte de grosse sauterelle qui attend derrière la porte des toilettes, ou encore les araignées, petites ou grosses, qui descendent du plafond dans la salle de lavage, la salle de bains ou la douche. Ce n’est pas que je n’aime pas les visites, mais honnêtement, je m’en passerai bien!
Les Québécois en Floride
Je serai certainement moins acerbe que Serge sur ce sujet, mais je veux quand même en parler. La communauté de Québécois que nous avons rencontrée semble typique et représente assez bien, malheureusement, l’ensemble des Québécois qui passent leur hiver en Floride. Voici ce que j’ai observé : un camping occupé à 95 % de Québécois (le 5 % qui reste, ce sont des Mexicains), qui reviennent année après année, passer leur hiver avec leurs copains. Ils se connaissent tous, s’organisent des activités de loisirs ou sportives (bingo, pétanque, danse de ligne, etc.) et ne sortent pas du camping sauf pour faire des courses. Un de nos voisins vient depuis quatre ans et n’a toujours pas mis les pieds dans le parc des Everglades (à moins de 30 minutes en auto). Quand on lui en a parlé, il a dit que ça ne l’intéresse pas de visiter. Il est allé à Miami, voir son frère et à Fort Lauderdale voir un copain (les deux dans des campings de Québécois), mais c’est tout.
Le manque de curiosité est je crois, ce qui m’a le plus surprise. Car, ils ont quand même parcouru plusieurs milliers de kilomètres pour venir jusqu’ici. En route, ils ne voient rien. Ils restent, parfois en groupe, sur l’autoroute jusqu’à leur destination. Une fois sur place, ils se déplacent le moins possible. Certains ne parlent même pas anglais (juste assez pour payer leur essence et leur épicerie)! Leur objectif est de passer un hiver sans neige, avec le plus de confort possible (TV en français, journaux du Québec, etc.), mais sans aucun désir de découverte.
Pathétique!
Ce sera tout pour cette fois.
Sandrine
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