Le Canada

Publié le par Serge

31 juillet 2006

 

 

Bonjour à vous tous,

 

L’entrée au Canada par le traversier Port Angeles — Victoria s’est faite sans problème. Nous sommes enfin dans ce pays qui est supposément le nôtre…!

 

DIFFÉRENT LE CANADA? BOF… 

 

Le Canada de la Colombie-Britannique, tout au moins celui de Vancouver et de Victoria ressemble à s’y méprendre aux États de l’Oregon et de Washington. À part le système métrique et un timide bilinguisme présent dans les institutions fédérales genre Post Office / Bureau de Poste, Vancouver International Airport / Aéroport international de Vancouver ou autre, le pays ressemble à s’y méprendre aux états américains voisins.

Les paysages sont semblables de part et d’autre du détroit Juan de Fuca et les mêmes épiceries offrent les mêmes cartes de rabais…

MAIS OÙ SE CACHE DONC LE BILINGUISME?

Il se cache très bien, car on ne le voit pas beaucoup! Trois incidents en peu de jours le démontrent bien :

  • À l’arrivée du traversier, le douanier des Canada Customs/Douanes canadiennes ne parlait pas français! Il y avait, semble-t-il, un bilingue quelque part, mais l’exiger aurait retardé une longue file de voyageurs motorisés qui nous suivaient. Et qui sait si une telle demande de notre part n’aurait pas résulté en représailles par une longue fouille du Tortillard! On s’est donc contenté du douanier unilingue et tant pis pour lui s’il ne touche pas sa prime au bilinguisme…
  • Au Vancouver International Airport/Aéroport international de Vancouver, il existe à la sortie des arrivées internationales un important kiosque d’information touristique. Alors là, c’est la place! Alors que nous attendions l’arrivée du vol de mes beaux-parents Nicole et Michel en provenance d’Angleterre, tout confiant je me présente pour m’enquérir de la documentation en français disponible. Mal m’en prit… personne ne parle ici le français et il n’y a même pas un bilingue de service…! Je dois cependant dire qu’il existe une, mais une seule brochure en français sur Vancouver. Elle s’intitule : Voyagez en français à travers la région de Vancouver, Côte et Montagnes en Colombie – Britannique. C’est essentiellement une traduction d’une brochure semblable en anglais et on y a ajouté une liste de 155 entreprises (principalement de restauration et d’hébergement) qui offrent des services (complets ou sur demande) en français. Une dame francophone habitant la région, témoin de ma déception de ne pas avoir de services en français au kiosque d’information touristique a décidé de porter plainte. M’est avis que la vie des résidants francophones de la région n’est pas facile tous les jours. Sans doute est-il préférable d’être chinois dans la région!
  • Aucun des principaux musées de Victoria (Royal BC Museum, Maritime Museum et Pacific Undersea Gardens) n’offre un service en français ou même un minimum de présentation en français…! On nous annonce qu’on peut faire une visite du Parlement en français… mais ça tente à qui de visiter un parlement…!

 

SOOKE : JOLIE RÉGION, MAIS…

 

En arrivant à Victoria, nous nous sommes dirigés directement à Sooke, petite ville située à environ 30 km, sur la côte sud, face au détroit de Juan de Fuca. La région est jolie, mais le camping choisi est très décevant. Il s’agit plutôt d’une marina qui offre des emplacements de camping aux amateurs de pêche…! Le site qui nous est assigné est petit, collé sur une route passante et bruyante, pas de niveau et les services offerts prévus dans le prix sont inférieurs ou carrément absents : électricité de 15 A (plutôt que de 30 A), égouts non fonctionnels, branchement TV brisé et vidange de réservoirs complètement enterrée..! Dès l’arrivée de Nicole et Michel, nous changeons pour un autre camping plus intéressant et tout près.

 

ET VOGUE LE ZODIAC

 

Avec ma fille Catherine qui nous avait rejoints le jour de notre arrivée au Canada (avec son conjoint Alexis qui a dû malheureusement nous quitter dès le lendemain), nous avons navigué dans la baie de Sooke et jusqu’au détroit de Juan de Fuca. Comme à son habitude, le hors-bord a démarré sans problème et nous avons eu une belle et longue ballade maritime.

 

ATTENTION… LA FRANCE ARRIVE

 

Après un long voyage en avion et un décalage horaire de 9 heures, mes beaux-parents, Nicole et Michel, nous ont rejoints à Vancouver lundi dernier le 24 juillet vers 22 h. Comme le dernier traversier pour l’île de Vancouver est déjà parti, nous couchons tous les quatre une nuit à l’hôtel. Le lendemain matin, après quelques difficultés pour comprendre le système de transport en commun, nous rejoignons le camping et Catherine et Nicolas.  

 

VICTORIA

 

La capitale de la Colombie-Britannique est une fort jolie ville. Son port situé au centre-ville constitue son attraction principale. L’activité maritime, essentiellement touristique, y est fébrile et de nombreux bateaux en tous genres y circulent continuellement. Sur les rives, on trouve plusieurs restaurants, commerces et musées. Les amuseurs publics et les musiciens des rues sont plusieurs à vouloir attirer l’attention des badauds.

 

On trouve aussi le Parlement provincial ainsi que de multiples édifices d’habitations de grande qualité.

 

Une grande variété d’hydravions, petits et grands, décollent et amerrissent fréquemment durant la journée. Cette fébrilité aérienne est cependant un peu trop bruyante à la longue et pourrait sans doute s’installer un peu plus loin.

 

Le Royal BC Museum et le Maritime Museum sont très bien, mais en anglais uniquement.

 

En soirée, l’édifice du Parlement est illuminé… un peu comme une maison quétaine à Noël! Chaque arête de l’édifice comporte un câble électrique et une série de lumières. On dirait une mosquée de Bagdad, avant l’arrivée d’une bombe..

 

UN CIRCUIT PÉDESTRE TRÈS ENFARGÉ (entravé)

 

Le bureau touristique de Victoria n’est pas très bilingue non plus! Personne n’y parle le français et le seul document en notre langue est la description en 5 pages photocopiées de divers circuits pédestres de la ville intitulé Marcher a Victoria. Mais quel document…

 

 Je crois qu’un record a ici été battu; en 5 pages, j’ai relevé au moins 270 phautes d’ortograffes…! Voici quelques perles : 1— architècture 2 — officièlement 3 — éffondré 4 — évênements 5 — intérogés 6 — déscendé 7-remarqueré 8-obélisk 9-colonnie 10-traverssé 11 — toure 12 — Colombie-Britanniens 13-phontaine 14-l’ ascensseur 15-planché 16-chemain 17-pond 18-dure 19-enrain 20-construi 21-ornament 22-dophain 23-painturer 24-puid 25-dépard 26-plafon 27-érijée 28-plustard et même le mot : 29-parking (excusez-moi en France!)

 

Évidemment, presque tous les verbes étaient mal accordés et les tournures de phrases boiteuses…

 

Alors qu’à Niagara Falls je m’étais choqué, ici je me désole tristement. Est-ce possible de si peu respecter la 2e langue officielle du pays?

 

J’ai donc remis une plainte officielle écrite au responsable de l’office du tourisme de Victoria et je transmettrai le tout sous peu au quotidien Vancouver Sun. On ne pourra jamais me reprocher de ne rien faire pour l’unité canadienne…!  

 

Bien sûr nous n’en sommes qu’à nos premiers jours de visite dans le Canada anglais. Mais convenez avec moi que pour un pays officiellement bilingue, le Canada est frileux de son bilinguisme… Êtes-vous étonnés? Moi non plus! Mais laissons la chance au coureur et voyons venir plus loin dans le voyage…

LE TORTILLARD FAIT ENCORE DES SIENNES…

Ça devient presque une obsession, mais le Tortillard a encore des problèmes. Depuis notre départ de Willits, le Tortillard sentait l’essence à l’arrivée de chaque étape. Un peu… Mais bon rien de majeur. Mais en arrivant au 2e camping de Sooke, nous remarquons que le réservoir coule, mais seulement quand le moteur fonctionne. Après enquête, il s’avère que c’est la nouvelle pompe électrique située dans le réservoir d’essence qui pompe le carburant en partie par son bouchon de fixation situé sur le dessus du réservoir…! Voilà une belle façon de dépenser rapidement et inutilement son argent.

Cependant, comme la dépense en essence semble à peu près normale, il y a lieu de croire que cette perte de carburant ne se fait que lorsqu’on est à l’arrêt ou presque. Et comme le réservoir est presque plein, peut-être les pertes seront-elles moindres avec moins d’essence… c’est à vérifier. Enfin, les travaux du garagiste de Willits sont garantis. On devra donc le contacter. Mais d’ici Calgary notre itinéraire est très serré et nous parcourrons des régions plus ou moins habitées… Alors, ça devra attendre…! 

 

QUALICUM BAY

Le samedi 29 juillet, nous quittons Sooke et nous nous rendons à Qualicum Bay sur la côte est, un peu au nord de Nanaimo. Notre emplacement de camping est petit et pas très de niveau, mais quand même acceptable puisqu’il nous coûte seulement 17 $ par jour et offre tous les services. La région est montagneuse et jolie.

TOFINO ET LE PACIFIC RIM NATIONAL PARK

Dimanche, nous traversons l’île d’est en ouest pour aller visiter la portion du Pacific Rim National Park qui se situe sur l’océan entre Ucluelet et Tofino et porte le nom de Long Beach. 

Le temps est frisquet et malheureusement nuageux. En chemin, nous visitons Cathedral Grove (forêt cathédrale) qui présente des pins Douglas géants centenaires. Le plus âgé est évalué à 800 ans.

Puis à une vingtaine de kilomètres de la côte est se situe Port Alberni qui est relié à la côte ouest par un long fiord navigable.

Sur la côte ouest, plusieurs plages font partie du parc national. La nature est belle et sauvage et les vagues de l’océan peuvent être très fortes. L’eau est froide et peu de plagistes s’y aventurent sauf les planchistes qui ont des combinaisons isothermiques. Plusieurs sentiers parcourent la région et de nombreux avis signalent la présence de nombreux ours bruns.

Le village de Tofino est tout au bout de la route. Plus loin, c’est la Chine et préférablement par bateau!

En 1993, Tofino s’est donné une vocation écologiste alors que ses habitants se sont violemment opposés à une plus grande exploitation forestière. Aujourd’hui, la petite municipalité qui n’est pas particulièrement jolie vit de tourisme et de pêche. De nombreux artistes y ont élu domicile et plusieurs boutiques vous offrent tout ce dont vous n’avez pas besoin. Si le village est ordinaire, la nature tout autour est magnifique.

Tout le long de la côte du Pacifique, tant aux États-Unis qu’au Canada, on retrouve de très nombreux adeptes du kayac de mer. Ce sport permet l’exploration des côtes sauvages ainsi que le camping léger.

L’ENTRÉE DANS LES PARCS NATIONAUX

Aux États-Unis, nous nous sommes procuré pour 65 $ US la National Park Pass qui permet l’entrée pour un an dans tous les parcs nationaux ainsi que dans tous les autres types d’endroits publics, propriété du gouvernement national. En fait partout, sauf dans les State Parks. Comme l’entrée dans un parc national est entre 10 et 20 $ US par véhicule pour une semaine, nous avons très rapidement rentabilisé notre investissement.

Au Canada, c’est différent. L’entrée dans un parc national coûte environ 8 $ par jour par adulte (16 ans ou plus). Comme nous visiterons plus d’un parc à 6 personnes, nous sommes forcés d’acheter le laissez-passer annuel familial qui coûte 125 $ plus taxes. C’est excessif, car c’est le double du prix américain et nous avons sans doute 10 fois moins de parcs au Canada. Au Québec, par exemple, nous n’en avons que 2 : Forillon au bout de la péninsule gaspésienne et Saint-Maurice au nord de Trois-Rivières. Voilà un bel exemple où mon beau grand Canada a manqué son coup de bien servir ses citoyens…

 

Salutations,

Serge

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Publié dans Récit de voyage

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