Autour de Phoenix

Publié le par Serge

Congress, le mardi 25 avril 2006

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

 

Notre séjour à Casa Grande au sud de Phoenix a duré 12 jours, soit du mardi 11 avril au dimanche 23 avril où nous nous sommes dirigés à Congress au nord-ouest de Phoenix. Nous demeurerons ici quelques jours dans l’espoir (!!!) de pouvoir récupérer à Phoenix notre merveilleux ordinateur portable Toshiba qui nécessite une réparation majeure pour la 3e fois en moins d’un an. ..!!!

 

 

LE CAMPING ESCAPEE (SKP) DE CASA GRANDE

 

 

Suite à notre expérience plus ou moins heureuse du Camping Escapee de Yuma, nous étions un peu craintifs à notre arrivée à Casa Grande. Nous avons été agréablement surpris! L’aire réservée au camping sans services est beaucoup plus vaste et permet de beaucoup mieux s’installer. La ligne des sites est adossée sur un demi mur et une rangée d’arbres qui nous procurent de l’ombre une partie de la journée. Il n’y a pas de piscine, mais le club-house est complet et bien aménagé.

 

 

La haute saison est pratiquement terminée et nous sommes peu nombreux à camper dans le dry-camp (sans services).

 

 

Nous nous sentons à l’aise dans ce camping privé et les gens sont sympathiques et accueillants. On y trouve surtout des couples de cow-boys retraités qui campent dans des équipements souvent immenses et luxueux! Nous nous entendons bien avec eux puisque nous évitons toute discussion sur la politique, le respect de l’environnement et, naturellement, la religion!

 

 

WHEN SANDRINE AND SERGE MEET SALLY AND ART (Quand Sandrine et Serge rencontrent Sally et Art)

 

Plusieurs nous ont demandé comment se passent les rencontres de voyage. Nous avons abordé ce sujet à l’occasion, mais surtout pour parler des Québécois rencontrés : ceux en Floride et ceux ailleurs!

 

 

C’est évidemment chacun son goût : il y a du bien et du moins bien dans tous les groupes ethniques et dans toutes les classes sociales.

 

 

À ce jour, bien que nous ayons rencontré plusieurs Américains, nous n’avions pas établi de relations particulièrement intéressantes : manque de temps, manque d’affinité prévisible et parfois manque d’intérêt (voir Camping Escapee ci haut).

 

 

Bien sûr certains sujets sont évidents et servent d’entrée en matière : d’où venez-vous, où allez-vous, combien de temps serez-vous ici, votre équipement de camping, le mien, etc., etc. On peut aussi se rendre de petits services. C’est évidemment là une communication de base qui se fait régulièrement avec plusieurs personnes.

 

 

Mais aller plus loin et parler du Président Bush, de la guerre en Irak, de l’environnement, de la drogue, de l’immigration, de l’avortement ou de la religion? Ce serait à nos risques et périls avec l’Américain moyen. C’est pour cela que nous évitons ces sujets, surtout dans le pays des cow-boys. Mais aussi ailleurs : au Texas, patrie du pétrole et de Bush, en Georgie et dans les Carolines, dans toute la région du Bible Belt où la religion fait foi de tout.

 

 

Mais quel que soit l’endroit où nous sommes, la meilleure façon d’avoir une idée préalable de qui arrive est de regarder la plaque minéralogique de notre nouveau voisin.

 

 

À Casa Grande nos voisins venaient du Vermont, état voisin du Québec et dont la majorité des habitants ont un préjugé favorable à l’environnement, contre la guerre, pour la séparation de l’état et de la religion, pour le libre choix concernant l’avortement, etc., etc., etc.

 

 

Pour la première fois du voyage nous avons rencontré des américains qui partageaient un très grand nombre d’opinions avec nous. Une fois n’est pas coutume et nous avons pu critiquer à volonté la société américaine dans toutes ses facettes. Sally et Art étaient souvent encore plus critiques que nous…!

 

 

Ça fait du bien de rencontrer des Américains qui peuvent être critiques de leur propre société et ont une perception lucide de l’antagonisme mondial que les Américains provoquent sans, peut être, véritablement s’en rendre compte.

 

 

Il y a encore de l’espoir pour un monde meilleur. Et certains Américains, tout comme Sally et Art, s’efforcent de changer les choses. Tout n’est pas perdu.

 

 

Ces personnes sont aussi curieuses de votre société, de votre vie et écoutent beaucoup. J’ai peut-être fait de nouveaux ambassadeurs pour un Québec indépendant…!

 

 

À leur retraite depuis 7-8 ans ils voyagent continuellement et préfèrent le Mexique au sud-ouest américain pour passer l’hiver.

 

 

À plusieurs occasions, nous avons réglé le sort du monde avec eux. Ça fait du bien…!!!

 

 

CASA GRANDE

 

 

Casa Grande est une ville de taille moyenne (environ 50 000 hab.) située en plein désert du Sonora. On y trouve la panoplie des principales chaînes commerciales, y inclus Wal-Mart. Malgré le désert, une partie de la population de la région vit d’agriculture et particulièrement d’élevage. On y a vu de grandes exploitations d’élevage de moutons et de bouvillons (issus de la race laitière Holstein). Voilà sans doute ici des futurs BigMacs…!

 

 

Mais Casa Grande fait de nombreux efforts pour attirer chez elle une population de retraités en besoin hivernal de soleil, de chaleur et de climat sec. Les constructeurs immobiliers, les cliniques médicales, les pharmacies et les campings de longue durée sont donc nombreux…!

 

 

Située à la jonction des autoroutes 8 et 10, Casa Grande permet d’atteindre facilement de nombreux attraits du désert ainsi que les villes importantes de Phoenix et de Tucson (prononcer touuuusonne…). À part ça, il n’y a pas grand-chose à dire…

 

 

PHOENIX

 

 

Avec près de 3 millions d’habitants, cette capitale de l’Arizona est la ville la plus importante de l’Ouest américain entre le Texas et la Californie. Ville relativement récente (1870) et moderne, elle a été construite en damier et il est facile de s’y retrouver.

 

 

LE CENTRE-VILLE

 

 

Son centre-ville est bien… centré et les gratte-ciels sont assez peu nombreux, bien regroupés et d’une hauteur relativement modeste… Présentement, le centre-ville est un immense chantier routier car on y refait complètement le réseau d’égouts !

 

 

La ville est belle et les principaux édifices font preuve d’un souci esthétique certain. Plusieurs équipements sportifs et culturels se regroupent au centre-ville, à distance de marche les uns des autres. Pour desservir ces équipements, on retrouve de nombreux stationnements étagés (parkings pour les francophones de l’hexagone…) qui rivalisent de discrétion. Ils s’harmonisent avec les édifices voisins et il faut prêter attention pour savoir qu’il s’agit de stationnements!

 

 

En plus des gratte-ciels, il y a lieu de mentionner le US Airway Center (centre multisports et spectacle ainsi que le stade de baseball Chase Field.

 

 

Pour sa part, le Heritage Square réunit l’Arizona Science Center, le Phoenix Museum of History ainsi qu’une très jolie maison victorienne historique le Rosson House Museum.

 

 

On retrouve aussi le joli campus centre-ville de l’Arizona State University ainsi que la belle église Sainte-Marie, visitée et consacrée Petite Basilique, il y a quelques années par le pape Jean-Paul II…!

 

 

Enfin, et un peu malheureusement, on retrouve aussi le Patriot Square Park qui est le centre du centre. Malgré une place publique intéressante, ce parc central aurait besoin de revitalisation… On y retrouve aussi de nombreux clochards qui devraient en être bientôt chassés (dixit les nombreux guides touristiques qui sillonnent la ville à pieds pour venir en aide aux touristes).

 

 

À signaler : malgré l’importance de la ville, il n’existe aucun restaurant français ou crêperie à Phoenix… (Les chefs qualifiés peuvent discrètement me contacter pour plus de détails…!).

 

 

DESERT BOTANICAL GARDEN (Le jardin botanique du désert)

 

 

Situé à quelques milles à l’est du centre-ville, ce très joli jardin botanique se situe sur les buttes de Papago Park et voisine d’autres attractions dont le Phoenix Zoo.

 

 

Créé en 1937, ce jardin botanique de très grande renommée a gagné de nombreux prix pour son œuvre d’éducation à l’environnement. Avec plus de 20 000 plantes du désert, il constitue sans doute le jardin botanique le plus complet sur les différents déserts d’Amérique.

 

 

Sa visite se fait en parcourant différents sentiers à thèmes dont le principal, le Desert Discovery Trail (sentier de découverte du désert), permet d’accéder aux sentiers secondaires. On a donc pu visiter aussi le Plant and People of the Sonoran Desert Trail (Plantes et peuples du désert du Sonora) adaptation des Indiens et des Espagnols au désert du Sonora pour s’alimenter et se loger, le Sonora Desert Nature Trail (sentier nature du désert) diverses plantes et paysages le long de ce sentier qui gravit quelques collines, et le H. K. Maxwell Desert Wildflower Trail (sentiers des fleurs sauvages du désert) différents jardins fleuris.

 

 

Notre visite correspondait parfaitement à l’éclosion printanière des fleurs du désert sur à peu près toutes les sortes de plantes que l’on retrouve dans le désert.

 

 

Avant d’avoir visité un désert, on croit facilement qu’il n’y a pas ou peu de plantes et d’animaux dans le désert. Ce n’est pas vrai! Et la floraison de milliers de plantes du désert nous a aussi prouvé qu’on y trouve de la couleur et de la diversité.

 

 

La visite de ce jardin botanique a été très intéressante et ce n’est pas sans une certaine tristesse que, dans quelques années, par un froid matin de février, j’irai revoir la pâle collection de cactus du jardin botanique de Montréal…!

 

 

LE HEARD MUSEUM

 

 

L’Arizona contient sans doute le plus grand nombre de réserves indiennes aux États-unis et on y dénote pas moins de 21 nations officiellement reconnues. Me souvenant de mon expérience malheureuse de la visite du musée des Indiens à Washington (voir à cet effet mon texte du 4 août 2005), c’est avec un peu d’appréhension que j’abordai la visite de ce musée consacré aux tribus amérindiennes.

 

 

J’avais tort! Ce musée n’escamote pas l’histoire et parle des indiens comme il se doit.

 

 

À l’origine, il était consacré à la culture et à l’art indien. On y retrouve de magnifiques collections de bijoux, tissage, poterie, vannerie et poupées Kachinas de la tribu des Hopis.

 

 

Mais la galerie la plus intéressante du musée, Natives People of the Southwest (Les peuples indiens du Sud-Ouest), présente chacune des 21 nations dans sa réalité présente et dans son histoire plus ancienne.

 

 

Les vols de territoires, les déportations, les crimes de l’homme blanc y sont mentionnés brièvement, de façon factuelle mais sans esprit revanchard. On insiste plutôt sur la vie d’aujourd’hui et les espoirs pour demain. Certaines tribus ne comptent plus que quelques centaines de membres. Mais on sent qu’elles ne veulent pas mourir. De grands efforts sont faits pour faire revivre la langue et les traditions anciennes.

 

 

Malheureusement, presque toutes ces tribus se financent en grande partie grâce à l’opération de casinos. C’est sans doute payant mais néanmoins fort loin des traditions amérindiennes. De plus, à cause de la prolifération constante de cette sorte d’entreprises, la vache à lait risque de se tarir un jour ou l’autre…! Mais qui suis-je pour lancer la pierre à ces gens?

 

 

Une autre galerie complète présente une autre exposition permanente sous le titre : Remembering Our Indian School Days : The Boarding School Experience (Rappelons-nous de l’époque des classes indiennes : l’expérience du pensionnat). Dans une série de salles et d’expositions sans compromis, on présente la vie dans ces pensionnats qui visaient à éradiquer toute culture amérindienne et de faire de bons blancs avec tous ces indiens. Ce fut la politique officielle américaine pendant près d’un siècle!

 

 

Les jeunes amérindiens (3 ans – 10 ans) étaient enlevés de force de leur milieu et envoyés pendant plusieurs années dans des pensionnats situés souvent très loin de leur tribu. Les relations avec leurs parents étaient marginales ou inexistantes pendant plusieurs années. Pour tuer leur culture, rien ne leur était épargné : coupe de cheveux à l’arrivée, imposition de vêtements blancs, interdiction de parler leur langue, etc., etc. Quand on sait maintenant que plusieurs de ces institutions étaient dirigés par des religieux pédophiles, on peut imaginer la souffrance de ces enfants.

 

 

Plusieurs mouraient avant de revenir. À leur retour, plusieurs étaient complètement désorientés et malheureux.

 

 

Et toute cette souffrance aux indiens ne fut pas causée que par l’Oncle Sam… ce fut semblable au Canada et au Québec…! Y a pas de quoi être bien fiers

 

 

Un musée dont on se souvient longtemps…

 

 

SOUTH MOUNTAIN PARK (Le parc de la montagne du sud)

 

 

Phoenix est dans le désert de Sonora. Elle s’est bâtie dans une vaste vallée entourée de collines basses et de montagnes rocheuses aux contours déchiquetés.

 

 

Directement au sud et qui met fin à l’artère principale Central, se trouve le South Mountain Park. Ce sont quelques montagnes (altitude 2 300 pi) qui dominent toute la ville. Une route continue la rue Central et grimpe à un observatoire qui embrasse toute la ville. C’est une route à nombreux virages (parfois avec garde-fous… parfois sans…!) qui présente différents points de vue intéressants.

 

 

Au bas des pentes, tradition cow-boy oblige, plusieurs entreprises louent des chevaux. Les sentiers hippiques sont nombreux et l’activité semble très populaire auprès des nombreux touristes et sans doute aussi des habitants de Phoenix (les Phoeniciens… à vérifier!).

 

 

ENCANTO PARK

 

 

Visiter une ville avec un guide à la main, ça fait touriste. Ce n’est pas répréhensible en soit, mais on risque de rencontrer surtout d’autres touristes, des guides sur pieds (personnes) ainsi que toute une faune qui se nourrit de tourisme : portiers de restaurants et de bars, vendeurs de tours organisés (parfois dans plus d’un sens…), chauffeurs de taxis, amuseurs publics et parfois aussi clochards.

 

 

Mais pour réellement rencontrer la population locale, il faut aller ou elle se tient et se perdre dans la foule. C’est ce que nous avons fait samedi dernier en visitant Encanto Park (le parc enchanté). C’est un très beau et très grand parc situé un peu à l’écart du centre-ville. On y trouve plusieurs canaux, un lac et plusieurs îles. Mais déjà le nom (Encanto et non pas Enchanted…) devrait vous mettre la puce à l’oreille : nous n’y avons rencontré que des hispanophones (et quelques rares noirs)…! Les descendants des pionniers, des chercheurs d’or et des cow-boys ne se mêlent pas aux Mexicains. Durant les fins de semaine (week-end pour la France…!), on nous a dit qu’ils se rencontrent entre eux, mais dans les cours arrières de leurs propriétés.

 

 

De leur côté, les hispanophones (qui pour une bonne part n’ont pas de propriété…) envahissent les parcs publics et fêtent en famille. Les nombreux groupes familiaux que nous avons rencontrés étaient imposants et incluaient autant les très vieux que les très jeunes.

 

 

L’air embaumait la viande grillée sur les BBQ portatifs et de nombreux groupes prévoyaient une Piňata. L’atmosphère était joyeuse et le tout se déroulait … en espagnol.

 

 

Serait-ce la revanche de Montezuma? Rappelons qu’il y a 12 millions d’immigrés illégaux aux USA et qu’ils parlent presque tous espagnol…

 

 

Il y a quelques semaines à Phoenix,  la plus importante marche de protestation que l’état a connue s’est déroulée pacifiquement pour protester contre les projets de loi qui visent à restreindre l’immigration illégale…! Dossier à surveiller…

 

 

Après Casa Grande ou nous nous sommes réconciliés avec les parcs Escapee (SKP), nous avons décidé de poursuivre ce bon filon. À Congress, nous sommes de nouveau dans un parc de ce club qui semble aussi très bien. Le seul problème c’est que dans le dry camp, il nous est totalement interdit d’utiliser la génératrice. Seule source d’énergie : les capteurs solaires et les 2 batteries 6 Volts…! C’est comme une sorte de test…

 

 

À la prochaine

 

 

Serge

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Publié dans Récit de voyage

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P
Ici aussi, nous suivons avec beaucoup d'intérêt votre voyage et nous guettons vos articles; Il nous arrive même de les commenter avec Guéret...<br /> Nous trouvons même que les commentaires sont de plus en plus passionnants avec le temps. Alors, continuez et sachez que nous voyageons avec vous! Nous lisons tout et nous détaillons chaque photo...<br /> Bonne route, bonjour à l'occasion à Art et Sally, fort sympathiques, et<br /> Que les vaya muy bien!!!!!<br /> Monique et Patrick<br />  
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S
Merci de vos encouragements et de votre appréciation de notre site et de nos articles! Nous aimons beaucoup avoir vos commentaires et pourquoi pas vos suggestions ou vos critiques (quand elles sont constructives!)<br /> Merci et portez-vous bien!<br /> Sandrine