La Vallée de la Mort

Publié le par Serge et Sandrine

Bonjour à tous,

 

 

Nous sommes depuis quelques jours dans un camping Escapee (SKP) dans une toute petite ville du nom de Pahrump, dans le Nevada, pas très loin de la Vallée de la Mort (Death Valley). Nous sommes plus en altitude que lorsque nous étions au bord du lac Mead, ce qui rend la température plus acceptable. De plus, pour à peu près le même prix (12,50 $ contre 10,00 $), nous avons les trois services et pouvons utiliser notre climatiseur! Nous ne nous en privons pas! Pour 1 $ de plus par jour, nous avons un branchement Internet Wifi, ce qui est encore mieux.

 

 

Serge travaille depuis deux jours à la suite de notre itinéraire et prépare des réservations, car la belle saison arrive et les parcs nationaux, provinciaux ou d’État seront bientôt pris d’assaut par des hordes de touristes en short!!! Fini la tranquillité, et les campings presque vides!

 

 

Nous avons dit adieu, définitivement, au désert en allant visiter le parc national de la Vallée de la Mort (Death Valley National Park). Il doit son nom à une expédition malheureuse d’une centaine de colons mal informés (les 49ers), qui en 1849, ont cherché un « raccourci » pour se rendre en Californie et ont essayé de traverser la vallée. C’était en octobre, mais il faisait quand même chaud et surtout, il n’y avait pas ni eau potable ni nourriture (fourrage pour les animaux et gibier pour les humains). Bref, après avoir brûlé leurs chariots et avoir mangé les uns après les autres les boeufs qui les tiraient, ils sont sortis de la vallée en n’ayant subi qu’une seule mort, mais ils étaient très affaiblis, assoiffés et sans ressource. Un des colons, remerciant Dieu de lui avoir permis d’en sortir, s’est exclamé : « Dieu merci, nous sommes sortis de cette vallée de la mort! » Le nom est resté!

 

 

Vestige d’un ancien lac asséché entouré de hautes montagnes, la vallée est un pays d’extrêmes. Coincée entre la chaîne de montagnes des monts Panamint à l’ouest et la chaîne Armagosa à l’est, on y observe les températures parmi les plus chaudes de la planète. Le record de 57 °C a été atteint en juillet 1913. La température l’été peut atteindre régulièrement 45 °C à l’ombre, mais pas de chance : il n’y a pas d’ombre!!! Les montagnes de l’ouest arrêtent systématiquement toutes les pluies venant du Pacifique et il tombe en moyenne 3 à 4 cm d’eau par an! C’est une terre de désolation, aride et torride.

 

 

Nous avons commencé la visite par le centre des visiteurs, où l’on nous remet une carte du parc et où l’on nous donne tous les conseils d’usage. Pour une journée de visite, il faut compter 3 à 4 litres d’eau par personne, et plusieurs sentiers ne sont pas recommandés passé 10 h le matin!

 

Le centre des visiteurs est situé à Furnace Creek, une oasis arrosée par l’un des rares points d’eau utilisables de la région. Des palmiers dattiers ont été plantés et offrent un beau contraste avec l’aridité environnante. Une sorte de ranch a été construite et accueille les touristes. Il y a plusieurs bâtiments abritant des chambres, un restaurant, un bureau de poste, un magasin général, une écurie, un terrain de tennis et même un golf! Les terrains de camping du parc sont un peu plus loin; malheureusement, ils ne bénéficient pas de l’ombre des arbres!

 

Une exposition dans le centre des visiteurs nous explique le calvaire vécu par ceux qui ont bien malgré eux « découvert » cette région et nous explique la raison des rigueurs climatiques et l’adaptation des plantes et des animaux à ces conditions extrêmes.

 

 

On passe très vite sur la présence des Indiens Shoshones qui vivaient ici depuis 1000 ans et ont été expulsés lors de la création du parc en 1933. Le Congrès américain étudie toujours des solutions pour leur permettre de réintégrer une partie du territoire… qui était le leur!

 

On apprend aussi que quelques fous ont eu l’idée de chercher de l’or et autres minéraux dans ce désert et qu’une exploitation de borax (sorte de sel) a fonctionné pendant 5 ans (à la fin du 19e siècle), donnant ainsi du travail à des Chinois recrutés à San Francisco pour 1,30 $ la journée. Ils récoltaient le minéral directement sur le sol, en plein soleil. Le borax était ensuite traité et transporté dans des convois de deux immenses chariots tirés par un attelage de 20 mules sur une distance de 165 milles à travers le désert et les montagnes. Des fous, je vous dis!!!

 

 

Ensuite, nous avons pris la route du nord pour voir des dunes de vrai sable, et un désert qui ressemble au Sahara! Surprenant! Comme il était encore tôt, nous avons marché un peu dans un beau petit canyon : Mosaïc Canyon.

 

 

La Death Valley abrite le point le plus bas du continent américain. C’est à Badwater (mauvaise eau), dans le lac asséché. Nous sommes donc descendus à 86 m sous le niveau de la mer; nous n’étions jamais allés aussi près du centre de la Terre! Et il fait très chaud… Le sol est blanc de sel, le soleil ardent est éblouissant et l’air est suffocant de chaleur! C’était vraiment GÉNIAL!!! Serge a moins apprécié que moi. Il ne supporte pas bien la chaleur!!!

 

 

Les noms des lieux dans la vallée sont assez éloquents : Devil’s Golf Course (terrain de golf du diable), Devil’s Cornfeild (champs de maïs du diable) ou encore Furnace Creek (ruisseau de la fournaise)! C’est assez explicite, non! On est loin de la Bright Angel Trail du Grand Canyon!!!

 

 

Au retour, nous avons admiré les incroyables couleurs des rochers et des falaises qui bordent l’Artist Drive (route des artistes), un circuit panoramique de quelques milles qui nous amène au point de vue Artist Palette (palette de l’artiste), une vue deux étoiles dans le Michelin. Ça vaut le déplacement dira mon homme, malgré la chaleur, la fatigue et son ras-le-bol du désert!

 

 

La Vallée de la Mort, c’est très beau, mais déjà fin mai, nous y sommes allés un peu tard pour bien l’apprécier. Avec la chaleur, peu de randonnées sont réalisables sans danger. De plus, les distances sont grandes entre les différents points d’intérêts (C’est le plus grand parc national aux États-unis, hors l’Alaska!) et la voiture finit par avoir aussi chaud que les humains. Pour nous, une journée, c’est assez, mais à la fin de l’hiver, c’est sûrement plus agréable d’y faire de belles randonnées.

 

 

Nous préparons notre remontée vers le nord et après plus de quatre mois passés dans le désert, nous sommes heureux de le laisser derrière nous! Les forêts de séquoias et les plages du Pacifique nous attendent!

 

 

Alors, continuez à suivre nos aventures, et à bientôt!

 

Sandrine

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Publié dans Récit de voyage

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